27.07.26

À Besançon, l’atelier « Escrimez-vous » touche en plein cœur les résidents

À la résidence autonomie Jean-Baptiste de La Salle, à Besançon, huit résidents âgés de 78 à 91 ans ont relevé un défi inattendu : s’initier à l’escrime adaptée. Entre exercices physiques, stimulation cognitive et convivialité, cet atelier des Atouts de l’âge a révélé les capacités de chacun et fait naître une véritable dynamique de groupe.

Les Atouts de l’âge : prévenir autrement en résidence autonomie

Voir des personnes de 80 ou 90 ans manier une arme d’escrime peut surprendre. C’est pourtant tout l’intérêt de l’atelier « Escrimez-vous » : dépasser les idées reçues pour proposer aux seniors une activité physique à la fois adaptée, stimulante et ludique.

 

Cet atelier s’inscrit dans Les Atouts de l’âge, un programme de prévention porté par Kalivi et la Mutualité Française Bourgogne-Franche-Comté dans les résidences autonomie et les MARPA de la région.

 

Conçu pour prévenir la perte d’autonomie, le programme propose des actions collectives consacrées notamment à l’activité physique, à la santé globale, aux modes de vie et au lien social. Animés par des professionnels de la santé et de la prévention, ses ateliers visent à entretenir les capacités motrices, sensorielles et cognitives des résidents, tout en renforçant leur bien-être et leur participation à la vie collective.

À la résidence Jean-Baptiste de La Salle, trois hommes et cinq femmes, âgés de 78 à 91 ans, ont suivi l’atelier jusqu’à son terme. Au-delà de la découverte, cette expérience leur a permis de bouger, de réfléchir, de rire et, surtout, de se retrouver.

L’escrime adaptée : une activité étonnante, mais particulièrement complète

Loin de la pratique compétitive, l’escrime adaptée repose sur des exercices accessibles, ajustés aux capacités de chaque participant. Il ne s’agit pas de rechercher la performance, mais de mobiliser le corps et l’esprit grâce à une activité inhabituelle, capable de susciter la curiosité.

Coordination des gestes, attention, mémorisation, réflexes, mobilité articulaire et repérage dans l’espace sont sollicités au fil des séances. L’aspect ludique permet aux résidents de travailler ces différentes facultés sans avoir le sentiment de suivre un cours d’activité physique conventionnel.

 

C’est précisément ce qui a séduit Jeannette, 82 ans, venue par curiosité :

« Je me suis dit que c’était quelque chose de complètement original, que je ne connaissais pas du tout. J’ai été conquise tout de suite. On fait de la gymnastique sans s’en rendre compte, on est en contact avec les autres et c’est très joyeux. »

 

Pour Jacqueline, 84 ans, cette richesse constitue l’une des grandes forces de l’atelier :

« Cela fait travailler la mémoire, la coordination et l’équilibre. Quand on parle d’escrime à des personnes âgées, elles peuvent penser : “Ils sont fous !” Mais il faut expliquer que tout est adapté. »

Si le mot « escrime » peut susciter des appréhensions, la pratique révèle rapidement un atelier progressif, sécurisant et ouvert à des profils différents.

Découvrir que l’on est toujours capable

L’expérience a aussi permis aux résidents de porter un regard nouveau sur leurs propres capacités. En entrant dans un univers inconnu, chacun a pu essayer, progresser et éprouver la satisfaction d’aller au bout de l’activité.

 

Monique, 91 ans, a rejoint le groupe après les premières séances. Malgré des difficultés au niveau des épaules, elle retient avant tout la fierté d’avoir trouvé sa place :

« J’ai commencé après les autres, mais j’ai vite rattrapé. Cela m’a vraiment beaucoup plu et j’ai pu prouver que l’on en était capable. Cela fait travailler l’intelligence, les muscles et surtout la mémoire. »

 

Colette, également âgée de 91 ans, a participé avec la même envie de découverte. Pour elle, ces rendez-vous apportent une ouverture bienvenue dans le quotidien :

« J’aime les nouveautés et découvrir quelque chose. J’ai apprécié les exercices de mémoire, les activités ludiques et la convivialité. C’est un plus dans notre existence et dans nos activités. »

 

Derrière ces paroles se dessine l’un des effets essentiels de la prévention : permettre aux personnes âgées de continuer à essayer, à apprendre et à se surprendre.

Un groupe qui se construit au fil des séances

Lors de la première rencontre, quatorze personnes avaient manifesté leur intérêt. Après une période de flottement et quelques désistements, un noyau de huit participants assidus s’est progressivement constitué.

 

Pour Joëlle Debeauvois, animatrice de l’atelier, cette évolution a permis l’émergence d’un groupe particulièrement impliqué :

« À partir de la quatrième séance, cela a été un long fleuve tranquille. Il y avait du plaisir, de l’investissement et une très bonne ambiance. J’ai rencontré de belles personnes, bienveillantes et motivées. Malgré l’âge ou certaines difficultés physiques, toutes étaient heureuses d’être là, avec une véritable envie de découvrir quelque chose de nouveau, et surtout une activité qu’elles n’auraient jamais pensé pouvoir pratiquer

J’ai vu certaines personnes arriver très timidement lors des premières séances, puis s’ouvrir progressivement. Avec l’escrime, on bouge et on mobilise les articulations autrement, dans la bonne humeur, avec de la joie et des sourires. C’est un atelier très complet, qui contribue aussi à entretenir la mobilité nécessaire au quotidien. »

Au fil des séances, l’escrime est ainsi devenue un support de rencontre. Les exercices ont encouragé les participants à s’observer, à s’encourager et à rire ensemble. Des personnes initialement plus discrètes ont progressivement pris leur place dans le groupe.

 

Daniel, 78 ans, résume cet effet avec spontanéité et humour. Après avoir plaisanté sur son envie de poursuivre l’entraînement « pour se présenter aux Jeux olympiques », il confie :

« On bouge, on voit d’autres personnes. Cela nous sort d’une coquille. C’est un petit cercle, mais un cercle sympathique. »

Un programme reconnu par les résidents et les établissements

Les résultats du programme confirment l’intérêt de cette approche. En 2025, Les Atouts de l’âge ont permis de déployer 56 actions dans 34 résidences autonomie et MARPA, auprès de 420 bénéficiaires. La satisfaction globale atteint 9 sur 10, et 91 % des établissements bénéficiaires envisagent d’accueillir de nouveaux ateliers.

 

À la résidence Jean-Baptiste de La Salle, les retours recueillis témoignent eux aussi d’une adhésion unanime : les huit participants interrogés se sont déclarés prêts à recommander l’expérience et ouverts à la découverte de nouvelles activités. Leur enthousiasme illustre l’intérêt d’« Escrimez-vous » : une pratique originale qui ne réduit jamais les résidents à leur âge et leur offre, au contraire, une occasion supplémentaire de rester acteurs de leur parcours.

 

Responsables de résidences autonomie ou de MARPA, découvrez le programme, ses 13 ateliers et les modalités de mise en place sur la page